Moins pour mieux

Disons que j’ai super bien suivi une moitié de cette intention en n’envoyant pas la deuxième newsletter annoncée. 😅 Alors je me rattrape ici, un mois jour pour jour après la précédente, et vous laisse dans l’inconnu de mars quelques jours de plus - un indice : ça en dit déjà long ! ;) Celles qui savent savent…

Flashback en février donc.

Si les premiers rayons du moment nous font tant de bien, c’est que les niveaux d’énergie de la fin d’hiver étaient au plus bas et bravo à nous d’avoir respecté cela. Une pratique durable, viable, robuste, c’est une pratique qui s’adapte.

Comment ? En jouant avec les bons curseurs :

- Moins d’options —> aide le système nerveux à se réguler. C’est autant de choix en moins à faire, de regrets à ne pas porter, de vortex auxquels couper court… Bref : en ne vous donnant pas d’option à choisir j’offre un contexte où vous pouvez quitter votre état de vigilance. Paradoxalement, c'est plus rassurant et accessible. Comme le raconte Juliette de Cointet quand il s'agit d'installer une pratique méditative quotidienne, c'est infiniment plus facile de "ne pas négocier avec soi même" que de s'obliger.

- Moins de superflu —> pour rencontrer l’essentiel. Exit les coquetteries de mains, exit les bras qui vous chercher, cet extra-information captée au bout du corps et qui brouille parfois le message central : c’est le moment où on reprend conscience de ce qui nous tient, au centre, nous tient à coeur.

- Moins vite —> « la lenteur permet la clarté, elle n’empêche pas la profondeur » comme le dit joliment Madouska Kramer (masseuse en or dont je vous parlais la dernière fois). Particulièrement vrai pour la respiration : ralentie, l’expire s’allonge, le rythme cardiaque diminue : le stress physiologique réduit. Alors, on gagne en précision dans le mouvement, en présence dans le moment.

Moins de contrôle : au delà du souffle respiration, nous avons navigué les eaux se Spanda à bord de Sahaja. Le moins n'est pas rien. Même dans une simple posture debout ou dans l'immobilité de Savasana, il demeure cette pulsation secrète qui nous meut, pulsation au coeur de tout mouvement : Spanda. En lâchant-prise, en se laisser porter en confiance par cette pulsation, le mouvement trouve sa juste amplitude, son rythme. Cet état de grâce naturel dans lequel on abandonne tout effort dans l'instant présent : on peut le nommer Sahaja. Pour se raconter ce duo de sensations, j'aime assez prendre l'image d'une embarcation minimaliste à bord de laquelle on se laisse dériver dans des courants plus ou moins tumultueux.

Moins de je, plus de je ? -> On terminait février par cette question : qui suis je ? S'éplucher. Je - corps sentant. Je - système cognitif connaissant. Je - mental interprétant, imaginant, reliant. Je - conscient de lui-même dans sa pluralité. Je - conscient d'être conscient. Est-ce là où tout s'arrête, s'absorbe ? Dans un jeu - principe de pure conscience individuel, un grand Soi nommé Atman ? A-t-on en notre centre une essence de cette nature ? Ou te reconnais-tu plutôt dans une conception bouddhiste qui aboutirait, au coeur du soi, à une impermanence insaisissable ? Quand on pense aux milliards de bactéries qui nous composent, plus nombreuses que nos cellules propres, cellules qui se renouvellent sans cesse, notre matière même par laquelle on "fait corps" n'est certainement pas si stable que ça.

La question peut flotter.

Marine Dsd

Professeure de yoga et masseuse, Paris.

https://www.a-soi.com
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